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D’Antananarivo à Dakar, itinéraire d’un jeune homme engagé

Rédigé le 23 Octobre 2008 par Caroline 1 commentaire Posté dans Paroles d'engagés Permalink

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Guillaume Blanc, j’ai 26 ans et suis diplômé de l’EDHEC (promotion 2006). Je travaille en tant qu’auditeur financier chez Ernst&Young depuis 2 ans.
Parallèlement à mon activité professionnelle, j’ai souhaité m’engager au sein d’associations humanitaires afin de pouvoir me rendre utile auprès de ceux dont on ne se soucie pas ou pas suffisamment.

Peux-tu décrire en quelques mots la nature de ton engagement ?
J’ai commencé à m’investir dans deux associations étudiantes à caractère humanitaire, lorsque j’étais en école de commerce.
J’ai participé à l’organisation d’un événement pour le Téléthon avec la première, et suis parti 2 mois en mission humanitaire à Madagascar avec la seconde. Ces premières expériences m’ont conforté dans mon choix de m’investir dans l’humanitaire, et c’est naturellement que je me suis tourné vers l’association A Suivre, dont l’objectif est de délivrer une formation professionnalisante à de jeunes adultes de Dakar ayant quitté le système scolaire prématurément.
Ainsi, en 2005, je suis parti pendant 6 mois au Sénégal dans le cadre de cette association en tant que responsable d’une session de formation professionnalisante. J’ai ensuite été président de cette association (2007), et j’en suis actuellement le trésorier (2008).

Qu’est-ce que tu as ressenti lorsque tu étais sur le point de partir à Madagascar et au Sénégal ?
Je sentais une certaine excitation en partant à Madagascar, c’était la première fois que je partais en mission humanitaire mais je n’avais pas d’angoisse, j’y allais avec d’autres jeunes de mon école de commerce dont deux que je connaissais et avec qui je m’entendais bien.
Le départ au Sénégal était moins rassurant, car je partais pour une durée plus longue (6 mois en tout) et j’allais avoir la responsabilité de l’activité de l’association A Suivre sur place pendant tout ce temps. Je n’avais cependant pas d’appréhension trop forte car j’avais effectué un gros travail de préparation en France avec les responsables de l’association et mes futurs “collaborateurs”. Je savais également que nous allions être aidé sur place par un sénégalais, le coordinateur de l’association.
Quels étaient tes espoirs, tes appréhensions, tes objectifs (pour les deux)?
A Madagascar, nos réalisations sur place allaient être assez modestes – électrification d’une petite maternité avec des panneaux solaires – mais j’avais envie de me rendre utile sur place et de découvrir la culture du pays et le mode de vie des habitants du village où nous allions. C’était tout nouveau !
Comme je le décris plus haut, j’avais une certaine appréhension avant le départ au Sénégal, mais elle était maîtrisée et mêlée au désir de partir.
Une session de formation avait déjà eu lieu l’année précédente, mon souhait était de corriger les erreurs, de faire un travail le plus professionnel possible en améliorant le contenu des cours, en nouant des partenariats avec des acteurs de l’enseignement, de la formation et du monde de l’entreprise au Sénégal. Je souhaitais également entamer les démarches pour faire reconnaître le diplôme A Suivre par le Ministère de l’Education Nationale du pays, et permettre au maximum d’élèves d’avoir un stage à l’issue de leur formation.

Peux-tu décrire le principal succès de ton engagement ?
J’ai éprouvé une grande satisfaction à voir des étudiants réussir après la formation que nous avons animée durant 6 mois dans la banlieue dakaroise avec l’équipe de professeurs et le coordinateur local : certains ont trouvé un travail pérenne, d’autres ont poursuivi leurs études en réussissant même à faire reconnaître leurs acquis.

Peux-tu décrire les écueils que tu as rencontrés (limites de l’action, contraintes extérieures, motifs de déception, ...) ?
Les limites de l’action d’une association de solidarité sont grandes, a fortiori quand elle n’est pas de grande envergure et qu’elle a peu de moyens. On le ressent sur le terrain, lorsqu’on est confronté directement à des personnes qui sont dans le besoin et pour lesquelles on ne peut rien faire. A Madagascar, j’étais parti avec d’autres étudiants pour installer des panneaux solaires sur une maternité dans un petit village : pourquoi dans celui-ci plutôt que dans un autre, situé 40 km plus loin?
Au Sénégal, la formation que propose A Suivre chaque année ne concerne qu’une classe d’environ 25 étudiants, sélectionnés après des tests écrits et oraux. Que deviennent ceux qui ont échoué? Les cas sur lesquels nous avons hésité?
Il ne m’a pas été aisé d’accepter les limites de ma propre action, notamment quand les bénéficiaires eux-mêmes les pointent du doigt.

As-tu eu des surprises, des déceptions?
Mes ambitions lors de la mission humanitaire à Madagascar étaient assez modestes, j’avais conscience que notre action se limitait à un petit village, que nous ne venions que pour 2 mois et que nous étions plus dans une logique d’ “humanitaire” plutôt que de “développement”. Je n’ai donc pas eu de déception…des surprises bien évidemment, elles sont tellement nombreuses lorsqu’on part loin de son pays d’origine !
J’attendais plus de l’expérience au Sénégal, en cela que je croyais plus en la pérennité de l’action et en sa nécessité sur le moyen ou long terme. J’y crois toujours d’ailleurs ! Mais j’ai pu être déçu en poursuivant cet idéal… Je n’ai par exemple pas réussi à obtenir de signature du Ministère sur nos diplômes, ce qui a provoqué une réaction de frustration chez les élèves qui était assez blessante pour toute l’équipe de A Suivre.
A ce jour, quel bilan fais-tu de ton engagement humanitaire? Que conseilles-tu pour ceux souhaitant s’investir?
Le bilan de mon investissement dans le domaine de l’humanitaire et du développement est très positif : cela m’a permis de me poser beaucoup de questions sur le monde dans lequel je vis, mes aspirations pour ma vie professionnelle et personnelle. Les expériences que j’ai pu vivre ont pu être bonnes ou amères mais elles ont toutes été enrichissantes.
Avant de s’investir, une personne doit évaluer jusqu’à quel point elle est prête à s’investir, et pour quelles raisons. Il ne faut jamais se sentir obligé de le faire, il ne faut pas être guidé par un sentiment de culpabilité mais plutôt par l’envie de se rendre utile.

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1 commentaire

Gravatar visiteur
Rajendra
03 Fév 2013

avr18Imane Hadouche   j aime beaucoup cette manie8re de nous pre9senter des poarttirs d hommes communs et qui meublent nos vies. c est comme un petit album photo avec des de9tails quotidiens joliment de9crits, merci et bonne continuation

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