Anna, peux-tu nous parler de tes deux expériences humanitaires sur le terrain ?
Avec plaisir ! Ma première expérience remonte à 2006. Je suis partie deux semaines à Madagascar, au sein d’une association franco-espagnole qui s’appelle Bel avenir. Cela faisait 6 ou 7 ans que je voulais vivre ce genre d’expérience, et l’occasion s’est présentée de partir grâce à un ami. Bel avenir travaille dans le sud de Madagascar, près de Tuléar. Ils conduisent beaucoup de programmes de développement socio-économique, et ils ont notamment construit une école pour y éduquer les enfants qui travaillent dans les salines. A cette école est attachée une colonie de vacances sur la côte de l’île, qui accueille une quarantaine d’enfants entre 8 et 10 ans. C’est là bas que j’ai travaillée en tant qu’animatrice pour ces enfants.
Ma deuxième expérience remonte à 2007, toujours au sein de l’association Bel avenir. Je suis cette fois parti au Cambodge, où l’ONG a construit un centre pour les familles de la rue. L’ensemble de la famille est logée pour un an au sein de ces centres, où l’on apprend aux parents des métiers techniques tandis que les enfants sont envoyés à l’école. Je suis resté trois semaines au sein de ce centre, alternant des activités avec les enfants et des tâches plus administratives.
Quelles motivations t’ont poussée à t’impliquer dans chacune de ces missions ?
J’avais vraiment envie de consacrer mon temps libre à faire avancer une cause particulière. Utiliser ce temps à ma disposition pour aider. J’ai toujours eu une sensibilité forte vis-à-vis des enfants, j’ai donc fait le pari que ces missions me conviendraient parfaitement. Et je n’ai pas été déçue. Tu te sens tellement bien quand tu donnes. Il y a quelque chose d’à la fois unique et formidable quand tu as l’occasion de te dédier complètement à quelqu’un d’autre. Non seulement tu as conscience d’aider cette personne qui en a besoin, mais en plus tu oublies tous tes problèmes quand tu es en train d’aider. Tu donnes ce que tu as, et tu n’attends aucune contrepartie, car ils n’ont rien à t’offrir ! C’est un sentiment rare, et qui fait vraiment du bien.
Vivre ce genre d’expériences, c’est également revenir en réalisant que la vie n’est pas partout celle qu’elle est censé être. J’ai grandi en pensant que la vie c’était travailler, se marier, avoir des enfants, aller au cinéma, mais pour des centaines de millions de personnes, la vie c’est simplement survivre, au quotidien. Alors si nous pouvons modifier notre quotidien si parfaitement planifié pour aider ces personnes qui n’ont jamais connu une vie aussi sécurisée, pourquoi hésiter ?
De retour à Paris, comment maintiens-tu ce niveau d’engagement ?
Je finis en cours du soir un master sur la gestion de l’humanitaire. J’ai dans l’idée de prendre une année sabatique dans un futur assez proche, et de répéter mon engagement sur une durée plus longue. En attendant, je donne des cours de français à des femmes d’origine étrangère qui ont besoin de maîtriser notre langue pour s’insérer économiquement. Ce ne sont que quelques heures par semaine, mais cela nous apporte déjà beaucoup. A elles, comme à moi !
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