Le 10 décembre 1948, était signée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). En 2008, le monde en fête son 60ème anniversaire. 60 ans d’avancées dans le combat pour les droits de chacun mais aussi 60 ans de stagnation quant à l’éradication des guerres civiles, des dictatures et autres horreurs bafouant les droits de l’homme. Un 60ème anniversaire, c’est l’occasion de rappeler que depuis la création de la DUDH, les femmes, les enfants et très récemment les personnes handicapées ont été reconnus comme ayant eux aussi des droits inaliénables.
Malgré tout, nombre de minorités, de peuples se voient encore aujourd’hui la cible des plus horribles atrocités, comme par exemple, la situation inacceptable des populations en République Démocratique du Congo ou encore au Zimbabwe. Là-bas, non seulement les hommes se battent pour leurs droits mais c’est d’abord leur survie qui est en jeu. Le droit de survie, le droit d’exister tout simplement, un droit qui n’apparaît pas clairement dans la DUDH et qui pourtant devrait en être. Peut-être ce droit de vivre était considéré comme tellement évident qu’il n’avait pas besoin d’être écrit noir sur blanc. Aujourd’hui, il n’est plus si évident que ça de penser qu’un homme qui naît a le droit d’exister et le 60ème anniversaire de la Déclaration ne suffit plus à donner à chacun le simple droit d’être.
Cependant, il est important de reconnaître que les droits de l’homme ont connu une évolution incroyable au cours du XXème siècle. Depuis sa création, ont effectivement été mis en place de nombreux principes tels que celui de la non-discrimination, de la liberté individuelle des femmes, de la reconnaissance de l’enfant comme être humain à part entière. Mais toutes ces évolutions ne sont pas uniformes dans le monde et sont surtout présentes dans les pays développés. Dans ce sens, l’universalité de la DUDH est remise en cause par de nombreux gouvernements. Sont donnés en exemple d’opposition à l’universalité des droits de l’homme les pays asiatiques, Chine en tête, qui par la revendication d’un certain relativisme culturel estiment qu’ils peuvent donner la priorité aux droits collectifs et donc aux devoirs individuels plutôt qu’aux droits de chacun.
Ainsi, là où les pays occidentaux mettent en avant le droit à la liberté d’expression et d’action, les pays asiatiques revendiquent le droit au développement du pays et à la vie de chacun de ces citoyens dans les meilleures conditions en échange d’un total investissement de ceux-ci dans le collectif national. Le débat ne peut cesser d’avoir lieu quand d’un côté l’Occident revendique une liberté de culture et que de l’autre l’Orient utilise ce droit à des fins collectives. Malgré l’opinion de chacun, il est tout de même aisé d’admettre que quelque soit le sens que l’on donne aux droits de l’homme, ce débat entre droit individuel et droit collectif n’existe que dans des pays où les hommes ont d’abord un droit à la vie, ce qui n’est pas le cas de nombreux autres endroits du monde où même ce droit-là est refusé aux populations.
Finalement, 60 ans après la naissance de la DUDH, le constat général est inquiétant : le monde n’a jamais autant bafoué le droit des hommes à exister qu’en ce début de XXIème siècle. Jamais il n’y a eu autant de conflits meurtriers mettant en cause des populations civiles, jamais il n’y a eu autant d’actes terroristes, jamais il n’y a eu autant de tensions entre les peuples qu’aujourd’hui. Et malgré un engagement des nations du monde à réfréner l’existence de ces conflits, une guerre peut éclater d’un jour à l’autre dans certaines parties du globe, comme entre l’Inde et le Pakistan, sans parler des zones en perpétuelle mobilisation, tel qu’au Moyen-Orient, au Tibet, en Colombie et bien d’autres encore.
Pour son 60ème anniversaire, la DUDH n’est donc pas assimilée de manière aussi évidente qu’on pourrait le croire par tous les pays du monde. Bien au contraire, son caractère universel en est plus que jamais remis en cause et c’est pour cette raison que cet anniversaire est bien plus que l’occasion de rappeler la naissance d’un texte. En effet, c’est surtout le bon moment pour remobiliser les gens, les peuples, les nations afin que tous se liguent pour faire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme un texte symbole de la capacité des pays et des peuples à vivre en symbiose et que dans quelques années (soyons optimistes !), la DUDH ne soit plus qu’un texte énonçant des choses évidentes pour tous.
Ainsi, l’objectif de tous devrait être de faire en sorte que la DUDH ne décrive que le minimum auquel chaque être humain doit aspirer à partir du moment où il pousse son premier cri, quels que soient le lieu, le moment, la culture et la couleur de son pays. Faire en sorte que les Hommes soient, en faits plus qu’en écrits, libres et égaux en droits.
Découvrir, comprendre, approfondir...
Déposer un autre regard sur la réalité du monde
| 3 | 9 | 13 | 11 | 10 | 3 | 6 | 1 | 3 | 1 | 3 | 1 |
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|
| 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 3 | 4 | 4 |
| Jan | Fév | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Aoû | Sep | Oct | Nov | Déc |
|---|